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Tout le monde est ego“Qui aurait cru que l’ADISQ compterait dans son propre but ? Ayant comme objectif d’éradiquer la revente de billets au Québec, l’ADISQ vient finalement de passer une année à travailler au profit… des Canadiens de Montréal !” Ma récente lettre à Louis-José Houde se voulait l’occasion d’offrir un ultime contrepoids face aux actions de l’ADISQ qui, à mon avis, représente mal les intérêts de ses membres dans le dossier de la revente de billets au Québec. Platement, Louis-Losé n’aura jamais répondu à la lettre que je lui ai adressée le 9 novembre dernier. Même qu’à sa récente visite sur le plateau de Tout le monde en parle, il n’était visiblement pas équipé pour répondre aux questions de Guy A. Lepage. Louis-José a expliqué pour sa défense qu’il n’était pas le seul à être victime de la revente : «Martin Matte, Rachid Badouri, plus d’autres…». Dany Turcotte lui faisait remarquer qu’on doit être chanceux au Québec, pour se faire «scalper». J’en pense autant. Il est un cas d’exception… et pas à peu près. Qu’à cela ne tienne, je suis tombé récemment sur un exemple concret des effets secondaires que nous procurera la loi 25, lors de son entrée en vigueur au printemps 2012 : LA VOÛTE AUX BILLETS des Canadiens de Montréal. Rien pour me donner l’envie de fermer ma gueule à tout jamais, finalement. Après avoir écrit la lettre à Louis-José Houde, je m’étais promis de cesser de porter (seul ?) le rôle de critique de fond sur la Loi sur la revente de billets au Québec. Remarquez que ce rôle s’est présenté à moi un peu par défaut, voire par nécessité de combler un vide; à défaut d’avoir un journaliste au Québec qui suive le dossier de A à Z, je me suis senti interpelé, en avril dernier, pour agir comme «chef de l’opposition» de l’ADISQ sur ce dossier que je n’endosse pas. Je ne suis pas journaliste. J’ai seulement un point de vue différent. Je ne suis pas producteur de spectacles à temps plein, encore moins une billetterie. Mais il m’arrive parfois de coproduire les concerts de l’artiste que je représente, sans plus. Je me considère surtout comme un acteur qui a su rapidement s’adapter aux divers enjeux du Web. Néanmoins, j’observe l’ADISQ depuis plus de 12 ans et je trouve son comportement loin d’être en accord avec les réalités du Web d’aujourd’hui. Jouissant d’un parcours privilégié, il m’a été offert de voir de l’intérieur comment fonctionne mon industrie, dans toutes ses sphères, dans tous les clans. Ce parcours m’a surtout permis de remarquer à quel point les leaders de mon industrie passent le plus clair de leur temps à tenter de «préserver» des modèles (désuets), plutôt que d’embrasser les possibilités que le Web nous apporte depuis plus de 10 ans. «Résistons au changement» semble être le leitmotiv de mon industrie! «« REWIND. Voici d’où part mon envie de suivre ce dossier : l’observation d’une attitude intransigeante de l’ADISQ par rapport au Web, en avril 2010. Puisque le feuilleton de la revente de billets au Québec tire à sa fin, voici donc ses dernières aventures et certains détails (en extras) que j’avais choisi de taire, jusqu’à aujourd’hui : ● Lors des Rencontre de l’industrie de l’ADISQ, en avril 2011, nous avons pu assister à un panel intitulé Les «scalpers» de la Toile, modéré par Valérie Lesage, journaliste pour Le Soleil et où siégeait Claude Larivée (Président de l’ADISQ et Président de La Compagnie Larivée Cabot Champagne), Lucie Rozon (Directrice générale et productrice exécutive aux Productions Juste pour rire II) et Heidy Vaquerano (avocate états-unienne chez LaPolt Law, P.C.). Curieusement, personne n’avait songé à inviter un cyber-scalper québécois… Faut croire que L’ADISQ n’avait pas cru bon faire le tour de la question en prévision de ce panel, avec l’ensemble des acteurs concernés. Après plusieurs minutes de discussions «consensuelles» entre les différents panelistes, Éric Bussières (Billets.ca) s’est invité au micro pour s’adresser à l’audience et expliquer son travail. À l’époque où le Web est plus présent que jamais, le référencement de l’information au sujet des concerts pour offrir des réponses aux questions des internautes est le nerf de la guerre. Quoiqu’on en pense, Bussières était à mon avis le seul dans la salle à maîtriser le Web pour «vendre» des billets ; les vendeurs officiels accusant un lourd retard d’utilisation du Web. ● J’étais présent à ce panel. Dérangé par le manque de nuance des propos des panelistes, j’ai tenté de présenter mon point de vue (différent) devant tous. C’est alors que le Président de l’ADISQ m’a rabroué en disant devant plus d’une centaine de personnes : «hey le wizkid du Web; je pense qu’on n’a pas de conseils à recevoir de toi»… Ce commentaire de mon Président m’a rapidement enlevé le goût de faire valoir mon point de vue sur le sujet. Pas en ces lieux, du moins… ● Fait encore plus curieux : dans les minutes qui ont suivi ce panel, l’ADISQ envoyait un communiqué indiquant qu’elle avait «saisi le ministre de la Justice Jean-Marc Fournier afin qu’il modifie la Loi sur la protection du consommateur pour faire cesser cette pratique (de la revente de billets).» ● Enfin, cet été, un membre du conseil d’administration de l’ADISQ (dont je devrai taire le nom, par respect pour cette personne) m’avouait que le dossier d’obtention d’une telle loi sur la revente a été voté «en vitesse» au C.A., ce malgré le fait que plusieurs sur le conseil ne se sentaient pas vraiment concernés par le phénomène et les méfaits de la revente. Selon mes sources, le Président aurait défendu, «le poing en l’air» cette démarche pour obtenir cette loi. Le C.A. l’aurait laissé faire, faute de se sentir concerné… justement, ça ne concerne presque personne, pourquoi s’en mêler ? Or, je ne suis pas contre l’idée d’obtenir des lois pour protéger les artistes et les producteurs culturels; je suis d’abord contre la pensée magique, celle où l’on prétend pouvoir contrôler le Web ; je reste cependant très prudent devant l’apparence de conflit d’intérêt du Président de l’ADISQ dans ce dossier. À juste titre, je cite ses propres paroles en commission parlementaire sur la revente de billets : « (…) en plus de… de mon rôle à l’ADISQ, dans le parc de salles que je gère, il y a une salle qui est très performante en ce moment sur le marché, qui s’appelle L’Étoile, à Brossard, qui est un… un lieu qui est un peu le lieu chouchou, dans le type de salle traditionnelle qu’on trouve en région, des revendeurs, donc, c’est un endroit qui a énormément de succès. » À mon avis, considérant cette situation impliquant principalement son Président, l’ADISQ aurait dû prendre la précaution d’aller en consultation auprès de ses membres sur ce dossier, avant d’entreprendre de coûteuses démarches auprès du Ministre de la Justice. En allant chercher une loi chez nos parlementaires, en exposant un problème en commission sans toutefois avoir fait préalablement le tour des solutions possibles (entre nous, les industriels concernés), l’ADISQ a de plus ouvert la voie au gouvernement en place pour dresser une loi contenant vraisemblablement une grosse brèche qui profitera à une minorité de joueurs. Sous prétexte de vouloir protéger le consommateur, le gouvernement québécois actuel a choisi d’adopter une loi qui interdira «à un commerçant de revendre un billet de spectacle, d’événement sportif ou culturel à un prix plus élevé que celui autorisé par le producteur.» La loi prévoit cependant que «(…) seul le revendeur qui aura obtenu le consentement du producteur du spectacle pourra vendre un billet à un prix supérieur à celui annoncé par le producteur, mais uniquement à certaines conditions.» Selon ce communiqué, cette loi qui permettra encore à un producteur de se «scalper» lui-même, entrera en vigueur au printemps 2012. Remarquez, l’ADISQ prétendait aussi vouloir «protéger le consommateur» ; meilleure chance la prochaine fois ! Grâce à cette loi, peut-être qu’il y aura désormais moins de joueurs s’adonnant à la revente de billets au Québec; mais certains pourront continuer à abuser de leurs propres consommateurs. Justement, parmi ceux qui étaient hautement touchés par la revente de billets au Québec, il y avait les Canadiens de Montréal. L’organisation derrière l’équipe propose déjà à ses acheteurs de billets de saison de revendre à profit leurs places sur LA VOÛTE AUX BILLETS (tous les détails sur 25stanley.com). En d’autres mots : on ne protège pas plus les consommateurs ; on les force à se faire arnaquer à un seul et unique endroit, selon des conditions établies par un seul et unique joueur jouissant d’un monopole consenti par l’état. Génial… Surtout qu’en 2010, l’Ontario adoptait une loi visant justement à empêcher TicketMaster de telles pratiques avec TicketNow. Allez savoir pourquoi le Québec n’en a pas profité pour en faire autant… Au risque de me répéter, j’aurais de loin préféré une profonde réflexion de la part de l’ADISQ privilégiant des mesures constructives, plutôt que restrictives, face au problème de la revente. Des idées ? Par exemple : demander au Ministre des Finances une nouvelle taxe/redevance sur le profit de la revente de billets de spectacles; cet argent aurait pu être réinjecté dans le milieu de la production culturelle qui en a grandement besoin. Ou encore, forcer l’identification de l’acheteur sur chaque billet. À cet égard, Louis-José Houde mentionnait dernièrement à Tout le monde en parle que Pearl Jam associe chaque billet à un acheteur précis et exige l’identification de ses acheteurs à la porte. Je ne sais pas pour vous, mais j’ai vraiment l’impression que l’ADISQ vient de compter dans son propre but, au profit des Canadiens de Montréal. Et dire que l’ADISQ représente majoritairement des membres qui ne sont tellement pas concernés par le phénomène de la revente; qui aurait cru que l’argent du membership de l’ADISQ et celle des contribuables québécois servirait en bout de piste les intérêts… du Canadien de Montréal (qui valent 445 M$) ?
Un commentaire
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11 janvier 2012
Encore une fois un billet intelligent et soutenu d’exemple pertinent. Ceci est de l’excellent contenu, j’espère qu’il est bien référencé! ;o)