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Disques

Cafeïne - New Love

Cafeïne – New Love

Julie Ledoux
4 octobre 2013

Cafeïne
New Love
(Indica)

Retour dans le temps, pour (enfin) laisser libre cours à une réflexion de (trop) longue haleine sur le plus récent album de Xavier Cafeïne. C’est un beau sous-titre, ça.

J’ai commencé à écrire cette critique fin avril, alors que Xavier Cafeïne lançait enfin un nouvel album solo. En mai, je croyais encore cet album fort réussi et ne comprenais pas les critiques négatives, mais en y repensant, je crois que c’était la faute au printemps. En ce début du mois d’octobre 2013, je vois un peu cet album de Cafeïne pour ce qu’il est : douze pièces (10 + 2 en «bonus») trop bien ficelées et enregistrées pour laisser passer toute la rage qui devait s’en échapper. Une rage d’une histoire d’amour qui vire mal, ça doit être coup de poing et doit rendre ivre de tristesse mêlée à des relents d’élans amoureux.

Plus de quatre ans après Bushido et sept ans après Gisèle, Xavier Cafeïne revenait à la charge, au printemps dernier avec New Love, l’album de la résilience, où Cafeïne reprend contact avec ses racines. Réalisé à New York, dans les studios de Gus Van Go, les pièces de cet album exorcisent une peine d’amour et se veulent un retour à soi, à la musique dans son entièreté salvatrice. Le rock signé Cafeïne se prend bien noir, avec juste ce qu’il faut d’éclectisme et de densité. Produit par Gus Van Go (Les Trois Accords, Priestess, Vulgaires Machins) et Werner F. avec qui il fait équipe, New Love s’offre tantôt punk rock, tantôt new wave, parfois pop-rock, et propose une incursion privilégiée dans la peine d’amour de Cafeïne. On reconnaît même des influences de The Clash sur «No Love».

Cafeïne disait «au moment où je me croyais mort, ce disque est venu me ranimer», et c’est définitivement ce qu’on entend à l’écoute de New Love, malgré les quelques réticences que le disque peut amener chez moi. Parfois, je me dis qu’Indochine aurait pu virer comme Xavier Cafeïne et ça aurait été une bonne chose. Cafeïne réussit là où les Français ont échoué : asseoir un new wave à saveur punk en 2013.

C’est franc, c’est parfois dur («Love Disease»), parfois vengeur («Lettres d’amour», «I Love You»), mais toujours bien (trop) ficelé («Left For Dead»), avec une basse bien présente, en plus des guitares toujours bien capturées. Bref, c’est très beau tout ça, mais oui, on reconnaît bien l’apport de Gus Van Go, et ça enlève un brin d’authenticité aux compositions de Cafeïne qui, on le sait, peuvent être aussi rageuses que teintées d’une ironie subtile.

Reste que New Love s’écoute bien – et que Cafeïne révèle tout son talent dans ses morceaux en français, à la «Lettre d’amour» – et si ces tounes-là passent à la radio, alors que je roule vers Sherbrooke, New York ou Alma, je crinque le volume, sans hésiter.

3,4/5

cafeine.bandcamp.com

Prochains spectacles de Cafeïne :

Terrebonne / Moulin Neuf
Samedi 5 octobre 2013 à 21:00
Avec Gros Mené et Panache

Trois-Rivières / Salle Anaïs Allard-Rousseau
Jeudi 31 octobre 2013 à 20:00

Saint-Hyacinthe / Centre des Arts Juliette-Lassonde
Samedi 9 novembre 2013 à 20:30
Avec Gazoline

Gatineau / La Basoche
Samedi 23 novembre 2013 à 20:00
Avec Gros Mené

Alma / Salle Michel-Côté
Jeudi 28 novembre 2013 à 21:00
Avec Gazoline

Saint-Prime / Le Vieux Couvent
Vendredi 29 novembre 2013 à 21:00
Avec Gazoline

Sherbrooke / Théâtre Granada
Mercredi 4 décembre 2013 à 20:00
Avec Midnight Romeo et Gros Mené

Chicoutimi / La Saguenéenne
Jeudi 5 décembre 2013 à 20:00
Avec Midnight Romeo et Gros Mené

Québec / Théâtre Petit Champlain
Samedi 7 décembre 2013 à 20:00
Avec Midnight Romeo et Gros Mené

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