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Cachez ce sein qu’on ne veut plus voir!

Cachez ce sein qu’on ne veut plus voir!

André Péloquin
1 août 2009

Bien qu’on ne puisse mettre le doigt sur le moment précis (et je doute qu’un ouvrage soit consacré entièrement au sujet), on rapporte que la formation space rock britannique Hawkwind fut une des premières à lier zizique et nudité à l’aide d’une danseuse qui « réinterprétait » les chansons du groupe sur scène en se déhanchant. Bien sûr, on a de nombreux fesses et seins à Woodstock quelques années auparavant, mais beaucoup moins par la suite. À une époque ou tout le monde semble avoir des photos nues ou un « sex tape » qui traine sur une tablette (ou sur le Web), est-ce que le rock serait devenu pudique ? Après “Gimme Danger”, “Gimme un suit de ski-doo”?

« “Sex, drugs & rock’n'roll” n’est plus ce qu’il était »

lance d’emblée Evelyne Lacoquine en direct de San Francisco (mets-en que BangBang est jet-set !). « En fait, on fait peut-être autant de drogues et de sexe, mais on le nie, on le cache et on n’en parle pas ou plus. C’est un peu hypocrite! » Blondinette pétillante, Évelyne s’est fait un nom à Montréal il y a quelques années en dansant seins nus autant en compagnie des Loco Locass sous fond de Fête nationale (la poitrine fleurdelisée, bien sûr) que sur les planches du Divan orange lors de concerts de Malajube ou de Gatineau (avant même les Félix et compagnie). « Je ne peux répondre pour tout les “flasheurs”, mais moi, personnellement, ça a toujours été une question de feeling, voire en transe, avec la musique. » poursuit-elle. « Moi, je me suis toujours assumée, pourtant je ne comprends pas comment une simple paire de boules peut offenser certains, alors que la « porn » est partout, je trouve ça dommage que le monde est encore “bocké” de nos jours. »

Y’a pas qu’la « porn » qui est partout…

Depuis quelques années, y’a aussi le privé qui envahit la sphère publique avec les Friendster, Myspace et autres Facebook (mais bon, j’imagine que vous voyez ou je veux en venir alors je vais m’arrêter… surfez sur la page de Guglielminetti si vous ne pigez pas !), en plus des sites de partage de photos à la Picasa et Flickr (ou encore les lastnightsparty ou thefriendattack) qui encouragent les photographes du dimanche à capter, puis publiciser, autant l’art que le quotidien, autant les clichés carrément amateurs que les moments intimes ou réservés aux concerts rock. Big Brother n’est plus un moustachu sur un moniteur, c’est un pouilleux aux cheveux gras et au t-shirt ironique qui s’est fait payer un kodak par papa.

« Si on le fait de moins en moins, je crois que c’est justement dû au fait que, généralement parlant, le public et les critiques se « choquent ». On doit se calmer pour leur faire plaisir… parce qu’on est donc sage au Québec! » poursuit Évelyne. « C’est surtout aussi la pression des médias. Y s’attendent à ce que tu le fasses en fait. Ils veulent te voir le faire… pour pouvoir te « bitcher » après ». Tiens, tiens !

« Flash forward »…

Bien que la nudité soit mandataire lors de concerts de Mötley Crüe, qu’en est-il de la relève ?
Si on considère le plus récent clip du duo Matt & Kim, certains l’emploient autant pour s’amuser, repousser ses limites, voire même livrer un constat de « l’évolution » de la pudeur depuis les années 70 (l’extrait dès 2 :54 en témoigne).


Alors que des artistes, comme Make The Girl Dance, abondent dans la provoc’… tout en demeurant dans « le bon goût » (des tops modèles à poil ! How original !). Le résultat reste aussi racoleur qu’imbuvable (déjà que la pièce n’aide pas), quoique le manque total de réaction des badauds français fait rigoler lorsque comparé au zigs de Times Square.

Quoique des vieux de la veille à la David Byrne n’ont pas dit leur dernier mot…

Et de l’autre côté de la scène, le public – bien que plus pudique qu’auparavant – n’est pas encore prêt à se pointer au concert en col roulé. « Je m’en fous de ce que le monde dit. » poursuit Lacoquine. « C’n’est pas eux qui dirigent ma vie, pis si ça me tente de montrer mes seins dans un show, je ne vais pas m’en empêcher. Si tu n’es pas content, regarde ailleurs! » Amen !

La note de bas de page ridicule : Je suis moi-même un effeuilleur. Mieux encore, j’ai commencé vachement tôt ! Lors d’un échange interlinguistique en sixième année, ma classe et moi devions monter un spectacle de « lip synch » sur l’évolution de la musique (du grand n’importe quoi, en fait). Comme j’ai manqué de temps pour me changer entre deux numéros, j’ai imité George Harisson qu’en bobettes et chemise devant des écoliers de Sept-Îles qui sont sûrement aveugles depuis.

Photo: Merlin Bronques

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