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Reportages et entrevues

Brie Neilson en cinémascope

Brie Neilson en cinémascope

Julie Ledoux
1 octobre 2012

Près de quatre ans après un premier EP prometteur, Then We Learned to Dance, Brie Neilson présente Picture Show, une mouture folk orchestrée avec ses Othermen.

La voix chaude et espiègle des Unsettlers, c’est elle. La choriste de David Simard, c’est elle aussi. Brie Neilson a beau avoir le joli minois et la fougue de l’accompagnatrice, elle n’oublie pas pour autant ses propres compositions folk qu’elle interprète à la guitare, tout en menant sa formation composée d’amis musiciens recrutés au fil du temps. «J’ai rencontré David ici, en fait, au Grumpy’s», s’amuse Neilson en pensant à son collègue et ami originaire de l’Ouest canadien, et rappelant au passage toute l’importance de ce pub dans le croisement de musiciens ayant migré à Montréal. C’est ainsi que Neilson et Simard ont pu collaborer sur leurs albums respectifs, tout en planifiant quelques tournées pancanadiennes en duo.

Ram Krishnan (The Unsettlers), Tim van de Ven (Gabrielle Papillon, Andrew Johnston) et Declan O’Donovan (Bad Uncle) viennent compléter la formation de la pétillante auteure-compositrice-interprète, à l’image des groupes des années 50 et 60. «C’était important pour moi que ce soit des hommes. Ça a cet aspect un peu rétro, avec la fille à l’avant et les gars en arrière, pour l’appuyer», poursuit Neilson. Surnommé judicieusement Brie Neilson and Her Othermen, le groupe plonge tête baissée dans le Picture Show de la Vancouvéroise d’origine, devenue Montréalaise.

C’est d’ailleurs lors de sa transition vers Montréal que Neilson s’est tournée vers la composition: «Avant, j’écrivais quand je ressentais une émotion particulière ou quand il se passait quelque chose, quand j’étais triste. Mais après quelque temps, je me suis habituée et j’ai réalisé que je pouvais écrire sur n’importe quoi, en fait! C’est la maturité et le temps qui font en sorte que mes chansons sont moins sombres que sur le maxi, je crois», explique Neilson qui a transformé un voyage de deux mois à Montréal en six années de résidence et de travail en musique et en arts visuels.

Un brin rétro, la musique de Brie s’inscrit dans la foulée des Patsy Cline et Nancy Sinatra de ce monde et met de l’avant un country folk vintage avec une petite tendance jazz, comme se plaît à le rappeler la peintre et musicienne: «Ce qui est génial, c’est que j’ai pu avoir beaucoup de cuivres, avec un big band, et l’effet un peu old school est ressenti dans plusieurs chansons.» Et il se prolonge même dans le titre de ce premier album complet, Picture Show, où l’on retrouve quelques bijoux folk, orchestrés autant par Neilson que par Élie Jalbert, à qui elle confiait la réalisation de cet album il y a déjà quelques mois. «Ça semblait naturel. Je voulais travailler avec quelqu’un que je connaissais bien, puisque c’était mon premier album. Je n’avais pas réellement peur, mais disons que ce n’était pas comme les Unsettlers où je me présentais et jouais mes parties quand on me le demandait!»

Brie Neilson lancera officiellement Picture Show, ce jeudi 4 octobre, à la Sala Rossa. Avec The Sin and The Swoon en première partie.

Brie Neilson and Her Othermen
Picture Show
(Indépendant)
brieneilson.bandcamp.com

Crédit photo : Julie Gagné

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