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Le petit tavernier

Boire du vin de messe!

Boire du vin de messe!

Sunny Duval
28 mai 2012

Le Petit Tavernier n’aimant pas la routine et aimant rajouter des cordes à son arc pour vivre diverses expériences dans sa vie, est récemment devenu technicien du son. Quelques petits cours et hop! un nouveau métier occasionnel.

Je connais la base du métier grâce à sieur Benoît Dion, un grand. Mon troisième contrat fut de sonoriser mon artiste favorite dans une église de Sillery. Moi qui aime les défis arrivai bien équipé, paré à favoriser la bonne diffusion des chansons.

Trois personnes nous accueillirent à l’église. « Gilles » l’organisateur, « Gillette » l’organisatrice (sa femme?) et enfin « Andrei » le responsable technique de l’église, au fort accent est-Européen et à la forte odeur d’oignon.

Ne voyant aucun équipement sauf un micro sur son pied au centre de la scène, je dis : « Bonjour! Pouvez-vous m’indiquer la console de sonorisation? »

Les trois : « ? »

Moi : « La console de sonorisation? Non? »

Les trois : « ?? »

Gillette : « Le son passe par cette petite boîte ici il me semble. » (Elle désigne une D.I., très utile mais définitivement pas la console.)

Moi : « Non c’est une D.I…La console est où? »

Gilles : « Elle est peut-être ici? » (Il me dirige vers le côté de la scène et me montre quelques plantes bien vertes.)

Moi : « Ce n’est pas la console. »

Andrei (fort accent Hongrois): « Ahhhhh! La console!! Vénez avéc moi! »

Nous allons dans l’étroite sacristie, située derrière la scène. Là se trouve un panneau avec quelques boutons. « La console! », dit-il. Ah, voilà!

Finalement comme il n’y avait pas grande chose à faire de plus, mon artiste favorite a chanté dans le micro au volume pré-déterminé-pour-toujours sur le panneau et le son naturel de la guitare a rempli la salle jadis construite pour bien propager ledit son. Ce fut très joli et je n’eus qu’à suggérer de chanter à une distance idéale du micro pour bien mélanger voix et guitare.

Alors que l’artiste discutait avec les gens après la performance et que je roulais les fils et rangeais la guitare dans la sacristie, je me mis à détailler cet endroit d’ordinaire réservé au personnel religieux. Des armoires aux noms des frères (Joseph, Ai Chi, Gaston) et pères (Marcel, Édouard, Alexandre, Sébastien). Encensoirs, cierges, urne, toge, hosties. Une boîte en bois en forme de mini-cercueil. Une feuille affichée où l’on pouvait lire « La liturgie ne doit pas dire ce qu’elle fait. Elle doit faire ce qu’elle dit. » -Claude Duchesneau. Très joli ça, Claude.

Ce qui me frappa le plus furent les ingrédients nécessaires à la fabrication des cierges. Corde blanche, paraffine liquide. Et aussi bien sûr, les bouteilles de vin de messe…Pourrais-je?…Pourquoi pas. Je trouvai deux petits gobelets et vidai de petites lampées de la première bouteille, un Cribari « California light Muscat » blanc à 12%. Je parvins à faire venir discrètement l’artiste dans la sacristie, et nous portâmes un toast à la santé de nos aïeux qui allaient souvent à l’église. MMMM! Quel bon vin! Dommage qu’il n’était pas froid.

Nous n’avons pas goûté l’autre bouteille, un « Bon Voyage » 2009, Colombard Chardonnay « Pierre Delatour » des Côtes de Gascogne. Tant pis, j’étais bien ému de rendre hommage à mes grands-parents qui se sont peut-être demandé toute leur vie quel était le goût de ce fameux vin que seules les lèvres du  curé touchaient. En théorie.

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