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Reportages et entrevues

Bernard et ses amis

Bernard et ses amis

Anne Laguë
20 septembre 2012

Après 30 000 copies vendues de son premier album et avoir été sacré Révélation de l’année 2010 de l’ADISQ, Bernard Adamus a dû se remettre les pieds dans un studio avec – ben oui, c’est sûr – la pression créée par l’attente du deuxième album. Mais une recette gagnante, tu ne changes pas ça.

Contrairement à son premier album, Brun, pour lequel Adamus avait entamé la production avec plusieurs maquettes et une préparation plus solide, No 2, nouvel effort que l’étiquette Grosse Boîte lancera le 25 septembre, a été  « fait à’ fly, il contient beaucoup d’incertitudes ». À la suite du vif succès de la chanson Brun sur les radios commerciales, toutefois, le chanteur country-blues à la voix rugueuse comme sa couette de cheveux n’a pas revu sa façon de faire des chansons. « À un moment donné, j’étais bloqué pour écrire, je voulais sortir de mon créneau. Mais après, je me suis dit d’la marde, je suis bien là-dedans et je le rends bien quand même. Donc j’ai continué à écrire sur les gens qui m’entourent, que ce soit la gang de flâneux du Quai des brumes qui a donné la chanson Ouais ben, ou mes amis proches dans 2176. »

L’univers adamussien

En effet, de Brun à No 2, Adamus a cette façon de dépeindre son entourage, comme s’il regardait son album de photos avec une guitare dans les mains. Adamus aquiesce à cette remarque : « C’est un drôle de défi. J’essaie de décrire mes amis d’une manière avec laquelle ils seront d’accord, même si c’est un peu cru. Je pars d’un personnage et ça m’aide à caser des lieux et des moments. À faire rimer «Brissette» avec «5 à 7» même si ç’a pas rapport. » (NDLR : sur la chanson Entre ici pis chez vous)

La Brissette en question, c’est bien sûr Daphnée, la chanteuse de Canailles que l’on entend avec ses collègues féminines sur Arrange-toi avec ça, le premier extrait de l’album. La chanson est, tout comme le refrain de Brun l’a été, «un flash». « C’était juste une blague au début, un défi que mon réalisateur, Éric Villeneuve m’a donné. On imaginait Lise Dion et Ginette Reno en train de rapper pour Cypress Hill! » Ce qui a donné les paroles : on est gros, pis on est là, pis on mange ben du Gadoua.

OK, il les aime, ses amis. Mais qu’en est-il de ses amours, en comparaison plus discrètes dans ses textes? « La toune d’amour, elle est écrite pour une seule personne, et il n’y a que cette personne qui a besoin de se reconnaître. J’ai moins besoin de nommer de monde. » Il faudra donc lui demander clairement : c’est qui, Bernard, qui t’a fait une jambette sur Fulton Road?

Band de rêve

Alors que le premier effort a généré beaucoup de grands refrains rassembleurs, No 2 a un fond plus sérieux, posé. Le chanteur-guitariste hésite un peu. « Brun n’était pas particulièrement drôle.  Mais cet album l’est un peu moins encore. C’est le reflet de ce que ç’a été ces dernières années : tout est devenu plus sérieux. »

Ça vieillit. Ça fait des enfants. Comme son réalisateur et ami, Éric Villeneuve, qui quitte le navire pour se consacrer à sa famille. Une grosse perte, notamment pour la scène. Ce départ a mené à tout un jeu de chaise musicale dans le groupe : le contrebassiste Sylvain Delisle a pris la place de Villeneuve derrière la batterie. Philippe Legault au sousaphone remplacera la basse (« un sousaphone, ça fait d’la bass, en criss à part de ça! »). Puis la section cuivres s’élargit : le tromboniste Benoit Paradis partagera ses dates de spectacle avec Renaud Gratton, et le chanteur-trompettiste Jérôme Dupuis-Clouter s’amène avec son instrument. Excité, l’Adamus, à l’idée de ses shows. « Ç’a quelque chose d’un peu moins tribal, parce qu’Éric (Villeneuve) avait sa façon unique de jouer. C’est plus vivant on dirait, à cause des trois brass, très New Orleans. Ç‘a toujours été un de mes bands de rêve. »

Un rêve de course.

bernardadamus.bandcamp.com

Bernard Adamus entamera une série de spectacles de lancement au Québec, dès la sortie de No 2, le 25 septembre prochain. La série démarre avec deux spectacles au Théâtre Petit Champlain, à Québec, les 28 et 29 septembre. La suite est simple et complexe :
- 6 octobre à la Voie Maltée de Jonquière
- 11 octobre à la Salle Anaïs-Allard-Rousseau de Trois-Rivières
- 13 octobre à la Salle Francis-Brisson de Shawinigan
- 20 octobre au Théâtre Granada de Sherbrooke
- 25 octobre à la Maison des arts Desjardins de Drummondville
- 27 octobre à la Chasse Galerie de Lavaltrie
- 2 novembre au Zaricot de Saint-Hyacinthe
- 3 novembre au Pub O’Callaghan de Sorel
- 7 novembre à la Salle André-Mathieu de Laval
- 8 novembre au Pavillon Arthabaska de Victoriaville
- 9 novembre au Club Soda (Montréal), dans le cadre du Coup de Coeur Francophone
- 10 novembre au Moulin Neuf de Terrebonne

Ensuite Bernard Adamus et ses amis s’envoleront vers la France, le temps de quelques spectacles, avant de revenir se faire voir en sol québécois et poursuivre leur tournée.

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