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Reportages et entrevues

Beat Market : Rétro-électro-futuro-chaleureux

Beat Market : Rétro-électro-futuro-chaleureux

Julie Ledoux
9 octobre 2012

Le duo rétro-électro futuriste Beat Market explose sur la scène électro locale avec Red Magic, un premier album complet, quelques mois à peine après avoir mis en marché un EP fort prometteur. Rencontre en mode FMEAT et suits shinés.

Bien que le duo Beat Market en a toujours été un, sa moitié rythmée a changé de personnalité au cours de la dernière année, passant d’un bassiste globe-trotter à un batteur à la crinière bouclée. «On a joué longtemps ensemble dans plusieurs autres bands, raconte le principal intéressé, Maxime Bellavance, derrière ses lunettes aviateur d’une teinte fumée charbonneuse. On s’est connu à l’université, alors qu’on étudiait en musique.»

Originaires de la Beauce et de Québec, Maxime et Louis-Joseph (Cliche, aux claviers) puisent leur énergie électro chez les Daft Punk et Justice de ce monde, duos européens dont l’emprise force le respect. Outre les créateurs de rythmes français, c’est dans la direction du Yellow Magic Orchestra que les gars de Beat Market regardent. «C’était écoeurant, ce band-là!», lance Cliche. «C’était tellement en avance sur son temps [à la fin des années 70] que tu réécoutes ça aujourd’hui et ça pourrait être actuel. Ils avaient vraiment une technique incroyable, ils jouaient de tout. Et tout était fait avec des machines. Et on utilise les mêmes instruments qu’ils utilisaient dans le temps, des instruments japonais analogues, achetés sur Craig’s List ou Kijiji.»

Forgé dans la foulée de l’obtention de la Bourse Euterke, Beat Market a pu offrir une première performance officielle en septembre 2010, au Piknic Électronik, alors qu’il était formé de Cliche et du bassiste à l’origine du duo, David Gaudreau. En mai 2012, Beat Market présentait enfin un premier EP homonyme. Près de cinq mois plus tard, c’est Red Magic qui fait vibrer Maxime et Louis-Joseph. «C’est assez éclaté comme album, admet le claviériste. Et normalement, sur scène, on a des suits lumineux, avec du filage éclairant, et on joue dans le noir!», poursuit Cliche avant que Bellavance n’enchaîne : «L’ambiance tamisée, c’est ce qu’il y a de mieux pour nous!»

À l’échelle locale, c’est aux Misteur Valaire, Plaster et Champion que Beat Market s’est frotté au cours des deux dernières années, se creusant tranquillement un sillon qui lui est propre, au sein de la scène électro d’ici. «On fait de la musique pour que les gens apprécient, pour que ce soit un divertissement, précise Cliche. Ce n’est pas nécessairement pour nous qu’on le fait. On est heureux quand les gens aiment ça. C’est dansant, comme l’électro, mais c’est chaleureux.»

Cela dit, pour le duo rétro-futuriste, «ze machine» ne gagnera pas tout de suite : «On essaie de faire de plus en plus d’impro, pour se départir tranquillement de l’ordinateur qui s’occupe des échantillons», confirme Cliche. «Notre but, c’est un peu d’humaniser les machines», conclut Bellavance, alors que les deux musiciens aux influences euro-japonaises ajustent tranquillement leurs costumes de scène d’après-midi, aux reflets noirs satinés, ornés de dragons aux couleurs flamboyantes.

Beat Market lancera Red Magic au Divan Orange, ce mardi 9 octobre, puis au Cercle, à Québec, le vendredi 19 octobre.

beatmarket.bandcamp.com
www.beatmarket.mu

Visionnez le clip de «Holytek», premier extrait de Red Magic :

Le crédit pour la photo et la réalisation du vidéoclip revient à Santo.

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