BangBang : bangbangblog.com

Reportages et entrevues

Baroness : pas mort, plus fort

Baroness : pas mort, plus fort

Kristof G
7 septembre 2013

Depuis 10 ans, Baroness roule son rock, qui amalgame avec brio sludge, post-metal et psychédélique. Or, l’an dernier, on est passé très près de ne plus jamais entendre parler du groupe, originaire de Savannah, Georgia ― patrie fertile de Kylesa, Black Tusk et, par extension, Mastodon (qui provient de la capitale, Atlanta). Une histoire vraie.

Lorsque BangBang a rencontré John Baizley (chanteur, guitariste et artiste + seul membre original du groupe), lors de son passage au Heavy MTL 2013, il était évidemment impossible de ne pas le questionner sur ce terrible accident de la route, survenu quelque part en Angleterre le 15 août 2012, lorsque leur van de tournée quitta la route, avant d’atterrir en bas d’un viaduc, 9 mètres plus bas.  Ouch. Neuf passagers, zéro décès. Ouf. Le genre de chose qui change une vie ou du moins la perspective de celle ou celui qui passa près de la perdre en maudit.

John Baizley : Pour Pete [Peter Adams, guitariste-chanteur] et moi [les batteur et bassiste originaux ont depuis quitté le groupe], ça nous a permis de comprendre la valeur d’être un musicien, d’être capable de poursuivre cette passion pendant si longtemps, d’avoir pu rejoindre tant de fans… 10 ans d’aventures, c’est quelque chose d’assez impressionnant, dont tu te rends compte lorsqu’on passe vraiment près de te l’enlever. (…) on ne s’est jamais questionné sur si on allait continuer… pour moi, c’était « si mon bras guérit, je vais continuer de tourner ».

Même si les capacités de son bras sont revenues à 99%, le leader avoue avoir dû faire beaucoup de physiothérapie afin d’y arriver. Sans oublier les cicatrices qui déchirent maintenant son avant-bras gauche abondamment tatoué, qui inclut dorénavant toute une panoplie de pièces digne d’une quincaillerie : son bras comprend maintenant deux plaques de 9 pouces de titanium, 32 vis et un demi-mètre de fil de fer. Cependant, cette sombre année semble l’avoir inspiré.

JB : C’est ce qu’on fait en tant que personne, on prend les difficultés, la douleur, les frustrations, les peurs et l’anxiété pour les transformer en quelque chose d’autre… si on est chanceux.

Eh bien, on a très hâte d’entendre ce que ça donnera sur un album prochain.

***

En vrac

Selon l’artiste (qui créé aussi de l’art pour plusieurs autres groupes ― et qui se qualifie lui-même de workaholic), « le vinyle n’est qu’un marché de niche pour les collectionneurs » et non le grand sauveur trompeté dans les médias du monde entier.

Bien qu’attristé par ce qu’est devenu l’industrie, l’homme est tout de même ultra-lucide sur son statut (« on est des dinosaures, on joue du rock! »), tout en sachant très bien que « l’argent est maintenant dans la musique électronique ». Cependant, Baizley croit que « la musique live n’est pas prête à disparaître ». Bien heureusement.

On se laisse sur une dernière citation empreinte de sagesse du très zen et réellement authentique bonhomme : « respecte ce qui se passe autour de toi et ne tente pas d’imposer tes propres valeurs sur quiconque ».

baronessmusic.com

baroness.bandcamp.com

aperfectmonster.com (site artistique de John Baizley)

Pas encore de commentaire.