BangBang : bangbangblog.com

Reportages et entrevues

Bad Uncle: Idées tordues!

Bad Uncle: Idées tordues!

Marc-André Savard
16 juillet 2010

La musique est bourrée de cadres que les musiciens les plus délurés adorent faire éclater en mille morceaux. On est allé boire une pinte en compagnie de l’un deux, l’hyperactif Santosh Lalonde, leader de la formation déjantée « polkabilly» Bad Uncle, qui met présentement la touche finale à son deuxième album.

Révélation à deux temps

Lalonde a grandi au début des années ‘80 dans un trou perdu de la Colombie-Britannique: Princeton, population: 2298 habitants. D’abord un “pwel classique” qui adore Black Sabbath et Slayer, puis un gothique qui vénère Trent Reznor, il tombe sur le cul quand il découvre l’univers unique de Primus. Il apprend aussitôt à manier la basse pour «faire la musique la plus étrange possible». Après avoir entendu “Alabama Song” des Doors, Lalonde accroche sur la polka et sa rythmique à deux temps. La graine est semée…

Dix ans plus tard, l’original personnage est perdu dans l’bois dans un camp de reboiseurs. Une collègue a un accordéon et montre quelques rudiments à Lalonde qui devient rapidement obsédé par l’instrument. «Parce que je ne savais pas comment en jouer, ça m’a forcé à retourner à la base et à composer des chansons très simples.» Comme des virtuoses comme Les Claypool ou Jacob Pastorius ne sont plus à sa portée, vint alors l’choix de créer avec des riffs de base à la Tom Waits.

Montréal, la résistante

Après avoir planté des milliers d’arbres à la grandeur du pays, Santosh s’installe à Montréal. «Toutes les villes au Canada se sont américanisées et se ressemblent, sauf Montréal. Il y a un caractère “résistant” ici que j’adore…J’pense que je suis même devenu séparatiste! En plus, la scène musicale est vraiment vivante, surtout dans l’Est!» À son arrivée en ville, Santosh, qui a une formation en journalisme, travaille dans l’industrie florissante du porno montréalais. «Je regardais et écrivais le résumé d’une cinquantaine de films pornos par jour. Tsé, j’essayais d’être poétique et créatif…» Peu importe le contexte, Santosh cherche toujours à pousser plus loin, à toucher, voire lécher, de nouveaux horizons, à faire jaillir sa créativité…(coudon’, on postule où pour faire des comptes-rendus de films pornos!?),

Lalonde préfère cependant le clavier de son accordéon à celui de son ordi et se joint à la dizaine de troubadours des Unsettlers. Peu intéressé par le format d’un concert typique, le groupe gagne sa croûte en jouant de la musique live pour des cirques (notamment le sideshow du défunt Carnivàle Lune Bleue). «Le public qui assiste à un spectacle de cirque est dans un état différent que lors d’un simple concert de musique. Le spectateur voit rarement des spectacles du genre alors il est plus réceptif à de nouvelles expériences.» Et c’est tout c’qui compte pour Santosh. Même être à l’avant-scène passe ensuite. «Je n’ai pas d’ego!».

L’arrivée du mononc’

C’est en 2007 que Santosh se met à composer de la «polkabilly» (polka-rockabilly) en compagnie du batteur des Unsettlers. Ils ne sont que de deux. Santosh s’occupe de la basse avec une pédale.  C’est le début de Bad Uncle, qui mène, dès le premier jour, une relation fusionnelle avec les Unsettlers. «Je cherchais un nom vraiment pas cool qui sonne comme si des vieux de 45 ans voulaient rejouer dans un groupe de rock après le travail, “comme dans l’temps”. Le problème, c’est que les gens m’appellent maintenant Bad Uncle. Mais non, c’est un groupe complet!» Complet, parce que le duo est maintenant complété par un guitariste et un bassiste (tous deux également des Unsettlers).

Sexualité troublante

Folk, polka, rockabilly, bluegrass, punk, métal; tous les styles se croisent chez Bad Uncle. «On fait une version polka d’”Aces of Spades” de Motörhead en concert!» Spécial…et c’est justement cette énergie particulière au concert que le groupe a voulu capter sur le second album. «Notre premier album [un éponyme lancé l’an dernier] sonne trop bien, trop studio. On voulait que notre prochain album aille un feeling de concert, avec plein d’invités!» Bref, saisir la folie de cette étrange bande et ce, jusque dans l’emballage. «La pochette du nouvel album est vraiment déstabilisante sexuellement parlant…rien d’explicite, mais on est resté un peu saisi quand Ben Brandez [ancien bassiste et leader des Unsettlers], est arrivé avec l’illustration!»

On verra bien si nos yeux vont saigner quand on va voir le disque…ou la cassette 8-pistes! Eh oui, car c’est dans les plans de Lalonde de sortir l’album sur un format disparu depuis 30 ans… Les idées tordues, il adore. «Récemment, j’ai bu d’la vodka avec mon vieux. On a démonté une basse et une guitare et on les a collés ensemble pour voir ce qu’on peut faire avec ça…»

Lancement d’album de Bad Uncle le 28 juillet 2010 au Divan Orange en compagnie de Canailles

myspace.com/saybaduncle

Un commentaire Laisser un commentaire

iweb