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Reportages et entrevues

Alie Sin : Aller voir ailleurs

Alie Sin : Aller voir ailleurs

Marc-André Savard
28 juin 2013

C’est dans l’air du temps. De nombreux groupes punk rock empruntent un virage acoustique et rangent la batterie. Par contre, d’autres font le chemin inverse. Pour la sortie de son troisième album, It Was All Fun and Games Until Someone Lost an Eye, la formation Alie Sin ramène ainsi la cavalerie. Rencontre avec Gabriel Marquis, chanteur et guitariste sans borgne, euh borne.

Étiquette tordue

«J’ai un seul œil de naissance et on fait toujours plein de blagues là-dessus», rigole Gabriel Marquis, en expliquant le titre du nouvel album. Un disque qui, justement, n’a aucune œillère (dernier jeu de mots oculaire, promis). «On ne voulait pas s’encarcaner dans un créneau acoustique. On s’était souvent presque fait reprocher de trop sonner comme Against Me!. On le prenait comme un compliment, mais on voulait aller voir ailleurs. C’est important de se donner le plus de latitude possible.»

Ainsi, l’an passé, le trio complété par Pierre-Antoine Drolet (clavier, voix) et Danny Roach (basse, voix) fait appel à un batteur, Antoine Doré (aussi batteur et joueur de banjo avec Damn The Luck). «C’était censé être juste pour un spectacle, mais c’était malade, alors on a composé avec lui pendant un an.» Finalement, le martelage de tambours servirait-il mieux l’esprit punk rock? «Pas vraiment. Oui, le nouvel album bûche plus, mais il est moins politique. Ça dépend de ce qu’on entend par punk j’imagine…» Une étiquette dont se fout un peu Marquis de toute façon. «On évolue au sein de la scène punk, mais on n’a pas une approche root du style. On a beaucoup d’influences diverses; notre batteur avait un band death metal pis là, il joue dans un band bluegrass. Notre bassiste vient du milieu métal progressif pis moi, j’ai eu une grosse passe rock’n’roll/rockabilly.»

Miroir, miroir

Il n’y a quand même pas de couinements gutturaux sur le nouvel opus, mais n’empêche que ce dernier marque un certain changement de cap et une étape importante pour Alie Sin. «C’est l’album le plus complet qu’on a fait à date à plein de niveaux. En partant, on a plus de chansons que les deux autres, qui étaient plus des EP. En plus d’être devenu un full band, l’album est mieux enregistré, on explore plus et on a plusieurs collaborations. Au niveau des paroles aussi.» Oui, les paroles, car pour ce titulaire d’une maîtrise en science politique, faut dire quelque chose… ou pas. «Je ne vois pas le groupe comme une mission politique. On s’arrange pour que les paroles aient plusieurs sens pour qu’on y retrouve ce qu’on veut bien y voir. Un peu comme un miroir.» Un reflet dans lequel on risque d’apercevoir des grattes-ciels. «Avant que le groupe soit tout installé à Québec, on a passé plusieurs années entre Québec et Montréal. L’album traite principalement de notre relation avec ces deux villes…» Une vision souvent plus grise que rose.

Originaire de Québec, Marquis adore sa cité, mais il en a gros sur le coeur. «Il y a beaucoup d’artistes et une scène émergente, mais c’est souvent pas ça qui est mis de l’avant dans les médias. On parle plutôt des côtés plus conservateurs de Québec… mais il y a quelque chose qui se passe au centre-ville et en Basse-Ville!» Compris, les médias? On donne une pause à Régis.

It Was All Fun and Games Until Someone Lost An Eye
Disponible dès le 19 juillet

Écoutez la pièce Campfire Saint-Roch :

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Lancements :
19 juillet au Cercle (Québec) avec Mariage et The Matchup (qui lance aussi une galette ce soir-là!)
2 août à L’Esco (Montréal) avec Mariage et Ghostwrite

aliesin.bandcamp.com

Photo : Brian Dorval

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