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Reportages et entrevues14e édition des Francouvertes : artistes servis saignants!Julie Ledoux23 janvier 2010
La 14e édition des Francouvertes débutera sous peu et, dans l’optique de guider vos découvertes musicales de l’hiver, BangBang vous brosse un portrait de quelques élus qui se produiront sur la scène du Lion d’Or. Outre les Bernard Adamus et Michèle O de ce monde, voici quelques artistes à surveiller de près ou de loin, selon vos préférences musicales. Ne suivant que leur instinct de survie, ils se sont prêtés au jeu d’un questionnaire complexe et subtil, tel qu’en démontrent leurs réponses. Écris-moi une chanson Alex Nevsky (myspace.com/alexnevskymusique) Cet amoureux des oiseaux et des fleurs nous entraîne dans son univers poétique. Aux Francouvertes, il nous promet de grands actes d’amour et de musique sans pudeur. Caloon Saloon (myspace.com/caloonsaloon) Groupe aux accents country-folk qui roule sa bosse depuis quelques années déjà, Caloon Saloon prépare un premier album complet à l’aide du non moins célèbre Dany Placard (membre de Placard Macbeth, aussi sélectionné pour les Francouvertes). Le groupe trouve réellement sa place en spectacle lorsque Toots, Backdoor, Pontiak et Lil’Buck se lancent dans une série de rires, danses et «transpiration excessive». Jesuslesfilles (myspace.com/jesuslesfilles) Quatre garçons et une fille se partagent la vedette de Jesuslesfilles, malgré le nom de band sensiblement féminin. Retrouverons-nous cette subtilité féminine lors des Francouvertes? En attendant leur performance, «on se contente du vernis à ongles on and off pis de ce dont on ne se souvient pas le lendemain». Karma Atchykah (karmaatchykah.com) Descendant de Muzion et des rues de Montréal, Karma Atchykah nous entraîne dans son univers soul hip-hop aux accents haïtiens et français. Après quelques opus anglophones, l’artiste originaire du West Island livre ses créations francophones à temps pour la 14e édition des Francouvertes. Meta Gruau (myspace.com/metagruau) Arrivé sur la scène musicale en 2006, Meta Gruau n’a reçu depuis ce temps, que des éloges de la part des critiques d’ici et d’ailleurs (Mojo en Angleterre et Les Inrocks en France). Avec les Julien Bakvis et Michalak à la batterie et à la guitare, ainsi que Melissa di Menna aux claviers, le groupe se produit sur scène depuis 2006, a lancé un mini-album en 2008, intitulé Tibia Sauvignon, et lancera son premier album en 2010; album auquel auront collaboré Thomas Augustin (Malajube) et Philippe Clément (Duchess Says). Monogrenade (myspace.com/monogrenade) La rencontre musicale de Jean-Michel Pigeon (Winter Gloves) et Frédéric B. Girard sera déterminante pour les deux amis. La sortie du EP La saveur des fruits en 2009 et du vidéoclip «Ce soir» propulsa le groupe (aussi composé de Mathieu Collette et de François Lessard) vers les premières positions des tops francophones de l’année 2009. Mono/Stereo (myspace.com/monostereo666) Rémi R. et Joverdrive se partagent le Mono et le Stereo du groupe au style rock-blues-trash. Originaires de Montréal, ils se rencontrèrent en 2003 et formèrent ce duo guitare-batterie, simple et efficace, pour provoquer une «présence mélodique et scénique fraîche et spontanée». Philémon chante (myspace.com/philemonchante) Mais il ne se contente pas que de cela. En 2008, il enregistre dans des églises de la région de Québec et Charlevoix son premier EP de six chansons. Puis, contre toute attente, il s’exile à Cuba et convainc un cousin exilé au Mexique de l’aider à mettre sur rubans une vingtaine de ses chansons, enregistrées au Studio Egrem de Habana Centro (La Havane). Les Sessions cubaines étaient nées. Tire le Coyote (myspace.com/tirelecoyote) Le projet solo et intimiste de Benoît Pinette prit son envol suite à la mort du groupe Fonojône dont il fût le membre fondateur. Sous le nom de Tire le Coyote, il revient en force aux Francouvertes (Fonojône y avait participé en 2008) et tente de faire découvrir son univers de chansons aux musiques à caractère rustique et aux paroles teintées de fragilité. Le questionnaire complexe et subtil Comment (votre band) tirera son épingle du jeu aux Francouvertes? Alex Nevsky : En brossant les cheveux de mes musiciens sur le stage, sans pudeur, à la vue de tous. (Francis de) Caloon Saloon : Nous avons tous une passion affirmée pour la couture et le tricot. Les épingles, ça nous connaît. Jesuslesfilles : Les Francouvertes, ça ratisse large en capitaine. On fait partie de la faction plus bruyante – donc moins représentée – du concours. De prime abord, je n’ai pas l’impression qu’on a la tête de l’emploi, donc j’ai envie de voir jusqu’où ça peut aller. Si l’idée est de rejoindre un public pas nécessairement cible, il faut savoir faire du bruit intelligemment. Ou avec passion. C’est la passion qui fait que tu te mets en bedaine pis que tu t’enfarges dans un fil. Mettons qu’on est portés à garrocher des affaires et à les réévaluer un peu plus tard, pas le contraire. Karma Atchykah : Ça va sonner prétentieux, mais je crois que je ne suis pas un rappeur comme les autres. En effet, je m’attarde toujours à donner une touche très mélodieuse à mon hip-hop et j’aime explorer dans une panoplie de styles différents, adore les refrains chantés et explore dans une multitude de cadences pour mes «flows» […] Meta Gruau : On ne sait pas encore… On pense engager le pyrotechnicien de Metallica pour notre prestation. Ça risque d’impressionner quelques personnes au Lion d’or, qui sait, peut-être un juge. Monogrenade : Monogrenade propose des saveurs très variées. Nous pensons que ce côté éclectique permet de rejoindre une large catégorie d’auditeurs. Tout en respectant un certain créneau, les pièces permettent à l’auditeur de passer par l’électro, le folk, le rock, le pop et même l’ambiant. (Joverdrive de) Mono/Stereo : Avec notre démarche et notre son authentique et intègre, notre côté spontané sur scène et notre bonne complicité musicale. Pas de fla-fla, juste du bon rock. Philémon chante : En chantant, en oubliant le temps, l’espace, en oubliant qui l’on est et qui l’on voudrait être, en arrêtant pour un moment d’exister, par soi-même. Tire le Coyote : […] Tire le coyote, c’est un projet solo à la base qui se veut personnel et introspectif. [A]u départ, l’objectif était seulement de le faire pour moi… Les chansons ont pris forme en solitaire, retiré de tout contact. […]J’essaierai de garder cette ambiance intimiste afin de rester le plus «groundé» possible dans les origines du projet. Ensuite, ce sera aux gens de décider s’ils embarquent dans mon petit monde. Qu’est-ce que (votre band) peut apporter de nouveau à la scène musicale francophone? AN : Le retour officiel de la coupe Longueuil, la «Longueuil romantique». CS : Du brun, du bois, des histoires, des refrains et surtout pas d’acouphène. JLF : La scène musicale francophone se préoccupe beaucoup de ses sentiments. On n’a rien contre ça, mais ça la rend un peu molle. On se rend bien compte que nous autres aussi, on finit pas mal tout le temps par parler de la même affaire, mais on essaie de doser entre la force et la tendresse. KA : […] Mon but sans prétention est donc d’apporter un vent de fraîcheur sur un style qui, à mon avis, tend à se détériorer plutôt qu’à innover. C’est donc grâce à un mélange qui se veut peut-être un peu plus «grand public», mais sans aller dans le «commercial» vide de sens, que je me suis construit un public, qui grandit de jour en jour, et qui apprécie le rap de célébration que j’aime faire. […] MG : Tout. Mono : L’univers musical francophone étant plus restreint que l’anglophone, laisse souvent une impression de déjà vu, de variation autour d’un même thème. Monogrenade propose un son actuel, sans complexe de langue. M/S : Nous ne sommes pas une «saveur du mois», on fait une musique authentique et sentie sans trop tenir compte des considérations de mode du moment ou des visées commerciales […] Il n’y aura jamais trop de variétés dans notre belle scène locale. De plus, le genre de musique qu’on joue en duo n’a pas vraiment son équivalent, du moins à ma connaissance, sur la scène francophone. PC : Un retour à une musique simple, de mélodie, d’amour et de nudité. TLC : Je ne prétendrai jamais révolutionner ou changer quoi que ce soit. Tout le monde a ses influences, son bagage… Moi, j’ai mes idées, ma plume, mes émotions. Après, je travaille fort pour en faire des chansons. Le reste m’importe peu. Et je n’ai pas l’impression que c’est à moi d’y répondre. On écoute Tire le coyote et après, on aime, on trouve que c’est de la marde ou bien ça nous laisse indifférent. […] De toute façon, quand j’écoute Neil Young, je me dis que le plus beau a été fait et qu’il reste juste à faire de son best. Comment concevez-vous la compétition? AN : De la musique que j’aime, puis des nouveaux amis avec qui faire la fête. CS : On fait de la musique, on n’est pas aux Olympiques. JLF : Je pense qu’on serait un peu mal avisé de voir ça comme une compétition. Je vois plus ça comme une possibilité. Si on se prépare à une compétition, on va tuer le moment, pas avoir de fun pis manquer des rencontres. Ça serait pas ben ben d’adon parce que je pense qu’Azure se cherche un chum. KA : Plusieurs des noms en lice sont déjà voués à connaître des belles carrières […] la concurrence sera probablement féroce. Ainsi, la compétition sera ardue et le seul moyen de vraiment se démarquer sera de s’assurer d’offrir le style le plus rafraîchissant, le plus original et celui qui gardera le public sur le bout des pieds durant 30 minutes […] chaque spectacle sera un pur «rush» d’adrénaline autant pour les participants que les spectateurs… MG : La compétition est une excellente chose. Nous allons tout faire pour gagner, même s’il faut tricher et saboter les instruments de nos adversaires. Pour Jésuslesfilles ça sera assez facile, on partage le même local de pratique. Mono : La compétition au niveau artistique est complexe, mais saine. Bien sûr la victoire est toujours savoureuse, mais étant donné l’explosion de la musique francophone depuis quelques années, nous sommes conscients que nous partagerons la scène avec des musiciens très talentueux. Nous avons tous un but commun et nous donnerons le meilleur de nous-mêmes. M/S : On n’est pas vraiment de type compétition, on va plutôt aux Francouvertes sans trop d’attente pour partager la scène avec d’autres bons bands, rencontrer des gens qui rockent et pour jouer notre blues-rock hypnotisant devant un nouveau public. En fait, on dit qu’on n’est pas très compétition, car on va gagner, il devrait nous donner le prix tout de suite! PC : Comme une lutte contre soi. TLC : Toujours un peu dur à gérer ce concept, d’autant plus qu’il y a très peu «d’élu». C’est encore pire quand on en voit qui se prennent un peu trop au sérieux. […] quand j’arriverai au Lion d’or, je ne verrai certainement pas les autres comme des adversaires (mis à part mon pote Shampouing que je tenterai de démolir) […] en fin de compte, on est tous dans le même bateau; on va tous jouer une demi-heure et tenter de donner le meilleur show possible. Qu’attendez-vous des Francouvertes? AN : Triper ma vie. Des sourires, des caresses de chat. CS : Nous attendions une réponse. On l’a eue. JLF : On s’est inscrit parce que le Lion d’Or c’est une belle salle à côté d’un bon resto pis que j’aime bien Geneviève et Stéphanie, deux des organisatrices. Elles sont gentilles. Donc j’attends des Francouvertes que tout le monde là-bas soit aussi fin qu’elles. KA : Que mon premier spectacle aux Francouvertes soit une expérience scénique hors du commun. Rares sont les spectacles où les styles se confondent autant et où les publics se déplacent afin de faire des belles découvertes musicales […] Karma Atchykah ne fait pas du rap, mais de la musique et une musique qui ne devrait jamais avoir d’étiquette. Je veux permettre à tous de danser sur ma musique sans craindre les torticolis qu’ils auront le lendemain matin (rires). MG : On espère avoir au moins un ticket de bière chacun le soir de notre spectacle. Mono : Nous espérons être vus et entendus par un maximum de gens. Nous aimerions rencontrer des gens de l’industrie, recevoir des commentaires et des conseils. M/S : On s’attend à faire ce qu’on aime : jouer de la musique! Partager avec d’autres musiciens et rencontrer des gens du milieu pouvant nous aider à nous améliorer. Avoir une agence de booking on serait très heureux, avis aux intéressés! PC : Des spectacles devant des gens enthousiastes de musique et de découvertes. TLC : En fait, j’ai déjà fait les Francouvertes en 2008 avec mon ancien groupe Fonojône. Bien que nous n’ayons pas franchi l’étape des préliminaires, l’expérience avait été très intéressante. Tu rencontres du monde, tu t’exposes à des commentaires constructifs et la visibilité est bonne. Pourquoi avez-vous choisi de vous y inscrire? AN : Je voulais voir les shows, mais je n’avais pas d’blé, tsé. CS : Parce que c’est le plus beau concours, voyons. Et pour Stéphanie et Geneviève, aussi. KA : Car il est temps de se comparer aux meilleurs… à ceux qui comme moi, gravitent peut-être aux portes d’une carrière prometteuse dans le vaste monde de la musique. Je veux me faire connaître par un public plus vaste, moins restreint au monde hip-hop et surtout participer au plus grand nombre de spectacles de qualité, bien organisés, avec une couverture médiatique intéressante et attirant un public varié. […] l’expérience acquise sera tout simplement enrichissante. MG : On a failli s’inscrire à Star Académie à la place, mais on avait peur de perdre notre street cred. Mono : Les francouvertes jouissent d’une grande notoriété et donc d’une excellente visibilité pour un groupe émergeant francophone. Nous avons senti que notre candidature serait tout à fait recevable. M/S : Pour rehausser les standards de qualité du concours et piquer les idées des autres bands pour enrichir notre répertoire. Pour jouer dans une belle salle comme le Lion d’Or aussi c’est pas mal du tout. PC : Pour chanter devant ces gens. TLC : Pour moi, ça allait de soi que j’allais encore une fois tenter ma chance pour ce nouveau projet musical. Coup d’envoi des 14e Francouvertes: 1er février au Lion d’Or dès 18h.
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L'abominable homme des cons
Simon Jodoin 26 août 2010
L’état de la chanson francophone au Québec : Je dis bullshit madame.« L’état de la chanson française au pays, en cette ère de la mondialisation »… C’était les mots, graves et pesants, prononcés par Céline Galipeau au téléjournal, pour introduire un reportage de Catherine Kovacs et France Dauphin. C’était en juin dernier, rediffusé au début de cette semaine. « En cette ère de mondialisation… ». J’ai monté le son du téléviseur. Ce n’est pas bien, ça, la mondialisation. Et si vous mettez « chanson française » et « mondialisation » dans la même phrase, ça donne un effet tragique, ça fait craindre : vous allez voir, à la fin, le gros méchant va manger le petit gentil. Et il n’y aura pas de deuxième chance. Après, c’est la fin, pas de suite la semaine prochaine. J’aime la tragédie alors j’ai monté le son que je vous disais.
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3 février 2010
Je viens de ramasser le magazine/horaire des Francouvertes et j’ai eu un premier choc de constater que Bernard Adamus se présentait au concours (il vient pas d’être signé ?) Mais qu’en plus, Eli Bissonnette (Grosse Boîte) faisait partie du jury !!!! Il me semble que c’est pas éthique tout ça.
3 février 2010
J’ai envoyé un courriel aux Francouvertes pour le fun (histoire de savoir s’il aura droit de vote pour Adamus). J’vous reviens avec la réponse.
5 février 2010
Bonjour chose (faut vraiment vous trouver un meilleur pseudo!), voici ce que Sylvie Courtemanche, directrice de l’événement, vous répond à ce sujet:
“Bonjour!
Les jurés signent un document relatif aux conflits d’intérêts. Lorsqu’ils sont impliqués financièrement avec un artiste, ils s’abstiennent de voter. Nous sommes très rigoureux sur tous ces aspects. À chaque année il ya du monde sur le jury qui sont en relations d’affaires ou qui pourrait être en conflit d’intérêts. C’est un petit milieu et c’est assez inévitable. Nous avons donc mis en place ce système de signature « code d’éthique », et ce, pour tous les jurys des étapes suivantes : sélection, préliminaires, demi-finales et finale.
J’espère que ça répond à vos interrogations.”