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Reportages et entrevues

«TIFFing 101» ou  5 leçons apprises au 36e Toronto International Film Festival grâce à Team Québec  (Tome 3 – Suite et fin)

«TIFFing 101» ou 5 leçons apprises au 36e Toronto International Film Festival grâce à Team Québec (Tome 3 – Suite et fin)

Marie Mello
21 septembre 2011

4- À Toronto, les séances de courts métrages sont très diversifiées et connaissent un bon succès.

En fait, elles sont même sold out, fait assez rare (et réjouissant) pour le court. Cette année, les 6 blocs d’environ 7 courts chacun contiennent de la fiction, du documentaire, de l’animation et du cinéma expérimental. Ils sont montrés dans les salles du TIFF Bell Lightbox ou à Jackson Hall, celle du Musée des beaux-arts de l’Ontario (AGO). Au début, les créateurs sont invités à présenter leur film, puis ils reviennent tous ensemble sur scène après les projections pour participer à une séance de questions/réponses avec le public et les programmateurs.

« C’est l’un des rares festivals qui le fait, explique Sophie Goyette, et ça m’est très précieux. Ma principale raison de venir au TIFF est de recueillir l’accueil du public. Je fais réellement mes films pour les partager, et je trouve importante la discussion entre un film et ses spectateurs. » Stressante pour les uns et amusante pour les autres, l’expérience du contact avec le public reste une occasion privilégiée pour les jeunes réalisateurs dont le film n’a souvent jamais encore été projeté. « C’est pas mal ça notre paie en fin de compte, estime Mathieu Tremblay. Ce n’est pas monétaire en tout cas! C’est super de sentir que quelqu’un a vraiment aimé notre film, que ça a touché quelqu’un. Dans les processus créatifs, on est souvent isolés dans notre travail et on peut parfois penser que ça n’intéressera personne. »

Le cinéaste Yan Giroux se réjouit surtout du fait que Surveillant, son cinquième film, ait la possibilité de trouver un plus grand public que certaines de ses réalisations précédentes : « Je ne suis pas nécessairement fan des programmes combinés de courts métrages, parce qu’il y a de tout et que l’ensemble altère la perception de chaque film. Mais je suis très content d’y être! J’ai fait plusieurs autres films qui n’ont pas eu une grande vie en festivals, mais qui étaient tout aussi importants pour moi et dont je suis aussi fier. »

5- Pour un réalisateur, venir seul ou entouré : pas le même combat. Mais c’est bon pour le CV!

Alors que plusieurs cinéastes se rendent à Toronto avec leur producteur ou distributeur, certains débarquent en solo et effectuent ce travail eux-mêmes : autopromotion, remise de copies de visionnement, organisation de rendez-vous, participation à des activités qui leur donneront plus de visibilité, etc. Une tâche qui peut prendre du temps.

« Mon dernier film a été montré dans une vingtaine de festivals, mais j’étais en plein milieu de la production de D’aléas, alors je n’ai pas eu le temps de bien m’investir dans sa distribution. Au début, ce n’est pas non plus évident, tu ne sais pas trop par où commencer les démarches, raconte Mathieu. Mais je pense que le film parle de lui-même et, sans savoir les retombées réelles de venir ici, j’espère bien qu’il se vendra. » C’est un peu ce que tous espèrent, et il y a quand même de bonnes chances que cela se produise, vu la quantité de programmateurs de festivals et de télévision qui emploient le TIFF comme territoire de chasse.

À la sortie de l’une des projections de courts métrages (celle de Matthew et d’Ian), je rencontre justement une réalisatrice à qui c’est arrivé. Depuis sa présentation au TIFF l’an dernier, le film Mokhtar d’Halima Ouardiri a connu une belle carrière dans les événements internationaux, a récolté des prix et s’est trouvé un distributeur télé. Le scénario idéal, finalement!

« L’expérience a été 100 % positive, même si j’étais ultranerveuse de présenter mon premier film et que je m’attendais à moins que rien », explique-t-elle, de retour cette année au TIFF pour participer au programme intensif de développement artistique Talent Lab, qui a entre autres permis à une vingtaine de créateurs émergents d’échanger avec Brian de Palma, Gus Van Sant, Jason Reitman et plusieurs autres. « Je ne pouvais espérer mieux comme retombées, et revenir cette année pour des raisons différentes me permet de connaître une tout autre facette du festival. »

On souhaite évidemment d’aussi belles retombées à Surveillant, Vent solaire, Tabula rasa, D’aléas et La ronde, qui pourront tous être vus à Montréal très bientôt, au Festival du nouveau cinéma, du 12 au 23 octobre.

tiff.net/thefestival

Photo – haut : Surveillant

Photo – bas : Art Gallery of Ontario où plusieurs courts étaient présentés pendant le TIFF.

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