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Reportages et entrevues

«TIFFing 101» ou  5 leçons apprises au 36e Toronto International Film Festival grâce à Team Québec (Tome 1)

«TIFFing 101» ou 5 leçons apprises au 36e Toronto International Film Festival grâce à Team Québec (Tome 1)

Marie Mello
16 septembre 2011

Attention : Ce texte contient plusieurs généralisations grossières, mais aussi – et surtout – de belles rencontres. Avec des oeuvres et des humains, en l’occurrence cinq jeunes réalisateurs québécois venus présenter cette année leur court métrage à Toronto dans le volet Short Cuts Canada. Cette année, le Québec était d’ailleurs très bien représenté dans ses 6 blocs totalisant 43 courts canadiens.

Alors que Yan Giroux, Ian Lagarde et Mathieu Tremblay en étaient à leurs premiers pas dans ce festival international qu’on dit le deuxième plus important au monde, d’autres comme Sophie Goyette ou Matthew Rankin y retournaient après avoir déjà montré un ou plusieurs de leurs petits « bébés ». Ils ont tous environ 30 ans, mais leurs parcours et leurs films ne pourraient être plus variés.

Je les ai nommés Team Québec, à la conquête de Toronto dans la canicule de septembre. Ce sont les vrais guides de ce bref séjour au TIFF vu par les réalisateurs émergents. Un véritable marathon pendant lequel, jour après jour, ils m’ont parlé de leurs espoirs, de leurs découvertes et de l’importance pour eux de ce périple cinéma. J’ai entendu de bonnes blagues, mais aussi appris quelques leçons sur leur métier et le festival (quand même).

1- Bien profiter du TIFF est une habileté qui s’acquiert.

Pendant l’événement qui transforme pourtant la sage Ville Reine en fêtarde de luxe, l’offre est si abondante que spectateurs et journalistes peuvent facilement entrer dans une salle de cinéma à 9 h le matin et ne plus revoir la lumière du jour. Been there, done that. Mais pour les réalisateurs invités, les choses sont un peu différentes. Encore faut-il connaître un peu la ville, repérer les lieux de projection, gérer des conflits d’horaire déchirants et… maîtriser le « système ». Le TIFF est devenu une énorme machine qui, pour son 35e anniversaire l’an dernier, s’est offert sa propre tour : le TIFF Bell Lightbox. Il faut en comprendre les rouages pour épargner du temps – et de l’argent.

« La première fois que je suis venu au TIFF, j’étais complètement déstabilisé. J’habitais encore Winnipeg et j’ai l’impression que les cinéastes de là-bas voient ça comme un gros festival de Cannes et un moyen de légitimer leur travail. J’étais super content d’être invité, mais plein d’illusions et un peu bouleversé, raconte Matthew Rankin. Je restais dans une auberge de jeunesse très crade et je ne connaissais encore personne, ce n’était pas très glamour! » Désormais établi à Montréal, et maîtrisant le français à merveille, le réalisateur dont c’est le 4e TIFF présente cette année le court québéco-manitobain Tabula rasa, une fable fantaisiste et hybride sur un déluge (mettant en vedette Martin Dubreuil) qu’il a créée dans un temps record et montée dans le cadre du Berlinale Talent Campus. Depuis sa première visite, Rankin paraît avoir appris beaucoup de choses, y compris « garder la tête froide, bien en profiter et ne pas trop prendre cela au sérieux ». Ah oui, et il semble connaître maintenant tout le monde.

Idem pour Sophie Goyette, venue présenter La Ronde, une habile méditation impressionniste sur les départs qui a connu sa première mondiale au dernier Festival de Locarno. Au TIFF l’an passé avec un autre court (Manèges), elle revient cette fois un peu plus expérimentée : « Par mon expérience antérieure, j’ai davantage tous mes repères au festival. Mais, et c’est su de tous, le TIFF est vraiment l’un des plus gros et complexes festivals au monde. Ce qui fait qu’on a très souvent l’impression de manquer quelque chose. » Et ce quelque chose, c’est souvent un film présenté en première mondiale que l’on n’aura peut-être jamais la chance de voir à Montréal…

Pour plus de détails sur le festival : tiff.net/thefestival

Photo – haut : Tabula Rasa

Photo – bas : La Ronde

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