BangBang : bangbangblog.com

Reportages et entrevues

«L’Histoire» de The Sainte Catherines : 1ère partie - Les années de salade

«L’Histoire» de The Sainte Catherines : 1ère partie – Les années de salade

Alexis Charlebois-Laurin
18 avril 2012

C’est un projet un peu naïf que de s’engager à écrire «l’histoire» des Sainte Catherines. Au début tu te dis que c’est un super projet et ensuite, tu te rends compte que c’est effectivement un super projet mais que c’est aussi un crisse de gros projet. Je veux dire, ce groupe a existé pendant près de 14 ans et a joué plus de 700 shows. À un moment donné, c’est clair qu’il va en manquer des boutes. Qu’il va y avoir des tonnes d’histoires qui ne seront pas racontées. Que tu ne pourras pas contacter tout le monde qui a eu quelque chose à voir dans l’aventure. Que ce ne sera pas complet. Il y a des gens un peu partout qui vont dire «Ben voyons donc, comment il a pu ne pas mentionner cette affaire-là!». Il y a juste quatre gars qui pourraient raconter l’histoire au complet et, le 27 avril, ils seront sur la scène du Club Soda à jouer leur dernier spectacle. Le dernier acte d’une aventure incroyable qui dure depuis 1999.

Une aventure qui a commencé quelque part en 1999, un soir aux Foufs, quand Hugo Mudie et Fred Jacques ont eu l’idée de laisser tomber le groupe ska-punk Sarkastix pour en créer un autre du nom de Concrete Fongus. Un groupe qui aurait un son davantage influencé par Broadways et Rancid. «Notre premier show c’était avec Naked ‘N Happy le 5 novembre 1999 à l’X» se souvient Hugo Mudie. Le groupe ne gardera pas très longtemps ce nom qui pouvait paraître drôle sur le coup mais qui semblait leur mettre des bâtons dans les roues. «On a joué genre cinq ou six shows avec ce nom-là avant de changer», raconte Fred Jacques.

Le groupe remplace son premier drummer – qui était aux prises avec des problèmes de dépendance à l’héroïne – par Mike Sokolyk qui avait déjà une expérience de tournée étant un ancien membre du groupe All The Answers. «C’est un peu à cause de lui qu’on a changé de nom parce qu’il disait que quand il appelait pour nous booker des  shows et qu’il disait notre nom de band, les gens riaient. Mais en réalité il trouvait juste ça affreux comme nom», selon Mudie. La formation changera donc de nom pour The Sainte Catherines. «Hugo aimait bien The Broadways un band de Chicago qu’il m’a fait connaître. De là est venu l’idée du nom du groupe en s’inspirant du nom de la rue qui traverse le centre ville de Montréal», se souvient Simon Poirier, guitariste original de la formation.

Le groupe joue rapidement des shows à l’extérieur de Montréal et ceux qui ont vu le groupe à l’époque se souviennent fort probablement de la fameuse position d’Hugo… «Hugo se tenait toujours le coude avec la main qui ne tenait pas le micro et bougeait très peu, se souvient Olivier Maguire du groupe Fifth Hour Hero qui avait booké un des premiers shows du groupe à Québec.  Ils avaient l’air un peu pogné comme la plupart des bands qui commencent. C’est normal, tes parents ou l’école ne t’apprennent pas à jouer dans un band punk. Je les trouvais un peu plate live mais j’aimais bien l’esprit du band.»

Ces étoiles sont pour toi

«Dès le début on s’est dit qu’on voulait jouer alors ça n’a pas pris de temps qu’on a joué une trentaine de shows avant même de sortir notre premier album», explique Mudie. Un premier album qui est paru au printemps 2000 et qui fut enregistré chez les parents de Louis Valiquette qui était à l’époque un membre de Rollerstarter. «Ce qui était le fun c’est qu’on enregistrait dans le sous-sol de mes parents et il y avait toutes les guitares à mon père. Simon et Fred choisissaient des guitares différentes pour chaque chanson, alors sur l’album il y a plusieurs sons de guitares qui ont plus ou moins rapport», raconte Louis.

«Moi je capotais, j’enregistrais un album. On écoutait ce qu’on faisait et on trouvait ça malade. Ça sonnait comme un vrai album punk. Ça sonnait aussi mal que les albums des groupes que j’aimais à cette époque-là», ajoute Hugo Mudie. Il est aussi intéressant de noter que c’est le premier album qu’a enregistré Marc-André Beaudet qui était lui aussi à l’époque un membre de Rollerstarter, avant de se joindre aux Sainte Catherines en 2002, et qui a depuis enregistré plusieurs albums. Évidemment l’enregistrement d’un premier album ne se fait jamais de façon parfaite. «Je me souviens que, quand on enregistrait, on écoutait sur le radio dans le salon à Louis et il était sur le bass boost. On n’arrêtait pas de se dire qu’il y avait trop de basse, alors on en coupait, puis finalement, on s’est rendu compte à la fin que… ben… y’avait plus de bass», se souvient Beaudet en riant.

Écoutez Those Stars Are For You :

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Le groupe joue ensuite plusieurs shows qui les amèneront à tourner aux États-Unis. Simon Poirier se souvient du premier voyage du groupe en direction de New York: «On avait eu un accident sur l’autoroute à cause d’une femme qui nous avait coupés. Comme si ce n’était pas assez, une fois arrivé au bar où nous devions jouer, un autobus scolaire évite un garçon qui traversait la rue en bicyclette et entre en collision avec notre van. Le lendemain, notre van est restée prise au beau milieu d’une intersection à Brooklyn…».

C’est aussi à cette époque que nait Yesterday’s Ring, le célèbre penchant alternative-country du groupe. Selon Fred Jacques, «Yesterd’ est né pendant la première tournée. En fait, on avait déjà des tunes acoustiques avant… Mais la première fois qu’on s’est dit qu’on allait partir ce groupe on jammait sur un front porch à Memphis». Puis Mudie de rajouter: «La fille chez qui on restait nous a proposé d’aller voir un show ou d’écouter la télé. On a décidé d’écouter Porky. Mais l’affaire c’est que, ce soir-là, un band jouait un de ses premiers shows. C’était avec le chanteur de Red Forty, un groupe qu’on aimait vraiment, mais elle ne nous l’avait pas dit. Mais Mike était allé et quand il est revenu il nous a dit que c’était le nouveau band du gars de Red Forty et c’était Lucero».

En 2001, Will Nadeau se joint au groupe en tant que bassiste.  Un membre important dans l’histoire de la formation puisqu’il jouera plus de 320 spectacles avec le groupe. «Ils m’ont repêché du groupe Suck La Marde pour mes talents de scorer du weed gratos en tournée!», raconte Nadeau. Il se joint au groupe une semaine avant l’enregistrement du deuxième album du groupe. «C’était vraiment weird, vraiment stressant. J’avais jamais été en studio pour vrai…je trouve que ça parait un peu dans le son… des tounes naïves mais très bonnes et catchy», se souvient-il.

La machine se met en marche

Le groupe enregistre donc The Machine Gets Under Way, son deuxième album, avec nul autre que Radwan Moumneh qui a fait partie de quelques groupes marquants de Montréal dont Ire, The Black Hand, Cursed, Pas Chic Chic et qui est aujourd’hui technicien au studio Hotel2Tango. «Ça a été fait dans un local de pratique à la Cité 2000 qui a été transformé en studio. On a enregistré sur du tape 2’’ et mixé sur une console analogue. C’était un des premiers albums que j’enregistrais alors j’imagine que si je l’entendais aujourd’hui, je serais un peu embarrassé par mon travail. Pour être honnête, je ne me souviens pas de grand-chose à propos de l’enregistrement…ce qui est généralement une bonne chose», explique Moumneh. L’album a un son parfois très différent de leur premier enregistrement avec ses passes instrumentales. Éli Bissonnette se souvient très bien de l’enregistrement de cet album. «J’étais là pendant l’enregistrement de Machine. C’est moi qui joue la trompette sur Sarcastic Euphemism. Je me suis dit: «Wow, mes amis sont en train de faire une révolution. Ils vont mettre le punk rock montréalais sur la map mondiale». D’ailleurs, ils ont réussi.».

Pour la petite histoire, la première fois que Louis Valiquette – qui n’était alors pas encore un membre du groupe – a entendu ce deuxième album des Sainte Catherines, il ne croyait pas qu’il était en train d’entendre le groupe de ses amis. «Je trouvais ça super bon et quand on m’a dit que c’était les Ste Caths, je ne le croyais pas. Ça sonnait trop bien», se souvient-il.

L’album paraît sur le label new-yorkais Eyeball Records. Le fait de sortir un album sur un label américain à évidement quelque chose d’excitant pour les membres du groupe «du fait qu’il était américain et que ce label faisait partie d’une division de Victory qui était assez connu dans la scène hardcore», selon Simon Poirier.

«On était quand même impressionné qu’un label de New York sorte notre album. Alex Saavedra nous disait qu’il allait nous faire tourner avec tel et tel groupe alors on se disait que ça allait être malade. Mais il y a eu l’histoire du 11 septembre et lui, ça l’a fucké ben raide. Tu pouvais voir les tours de sa maison. Notre album sortait en août et c’est arrivé en septembre. Il a fallu qu’on aille chercher nos CDs nous-mêmes à New York City», raconte Hugo Mudie, de son côté.

La relation du groupe avec Alex Eyeball devient particulière avec le temps et comprend plusieurs histoires dignes de mention. «Je me souviens que le contrat que Alex Eyeball nous avait envoyé disait dans une des clauses que les droits musicaux de mon premier fils mâle lui appartenait….c’était super sexiste» raconte Fred Jacques. Le groupe ne signera jamais ce contrat. «En fait on n’a jamais signé aucun contrat. Sauf celui de FAT…», dixit Mudie.

Fred Jacques soutient que «plus ça allait moins on trouvait que c’était notre genre de dude. Il devenait de plus en plus baveux et arrogant». Une des histoires amusantes racontée par Mudie est que «une fois, moi puis Fred on était chez lui et il nous a fait écouter un groupe. On lui a dit qu’on trouvait que c’était de la merde mais lui nous disait que c’était un groupe qui allait devenir vraiment gros et qu’on ne connaissait rien. Il nous avait dit «You guys don’t know shit». C’était My Chemical Romance. Il avait un peu raison, on ne connaissait rien…», rajoute Hugo en riant. Remarquez que My Chemical Romance a fait la première partie de TSC en 2002!

Écoutez The Machine Gets Under Way :

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Puis à un certain moment, le torchon s’est mis à brûler entre les membres du groupe et Saavedra. «Je lui avais envoyé un email lui expliquant tout ce que je n’aimais pas de lui et de ses groupes. Il m’avait envoyé une mise en demeure et il m’avait dit que je me ferais assassiner par Madball, qu’il allait envoyer le DMS crew me chercher. On se disait qu’on ne pourrait plus jamais faire de shows à New York. Il y en a eu quelques unes, des menaces de morts, dans l’histoire du groupe mais ça c’était la première. Mais il n’est rien arrivé suite à cette histoire. La seule chose qui est vraiment arrivée c’est que le chanteur de Thursday m’a écrit un email me disant, entre autres, «You’re a fucking asshole» et m’a traité de faux-marxist-anarcho-punk. D’où le nom de la chanson sur notre troisième album», explique Mudie.

Marc-André Beaudet raconte de son côté que «un ou deux ans après on jouait avec Madball à London, en Ontario, et on était un peu nerveux. En plus, on avait bumpé leur van directement en arrivant, sans faire exprès!». Une anecdote magique s’il en est une…

Le groupe a récemment fait la paix avec Alex Saavedra, explique Mudie : «Il était là à un de nos shows et il est venu me voir et s’est excusé de façon vraiment franche.»

À l’époque plusieurs personnes se sont demandées comment la formation a pu recevoir l’attention d’un label américain qui a éventuellement sorti son album. Aujourd’hui, les membres du groupe n’expliquent pas ça par un talent exceptionnel mais plutôt par une certaine conjoncture de l’époque. Selon Hugo Mudie, le groupe «a été seul dans ce genre-là pendant un ostie de boute. C’est sûrement une des raisons pourquoi on a été plus reconnu. Astheure, il y a plusieurs groupes qui sont beaucoup plus talentueux que nous, dans le temps. En 2000-2001 c’était presque juste des groupes à roulettes. Il n’y avait pas grand monde qui jouait du dérivé de Jawbreaker, ici. Même les américains nous aimaient parce qu’on faisait ce genre-là et qu’on venait du Canada. Punk Planet nous avait décrit comme étant un «amazing band from Canada that sounds like Jawbreaker».» De son côté, Fred Jacques ajoute: «On croyait en ce qu’on faisait mais tu ne penses jamais que tu fais quelque chose qui est à la hauteur des groupes que tu écoutes. Tu te fais comparer à Jawbreaker et tu te dis «Ben voyons donc!». Tu enregistres un album avec 500$, ça sonne le fucking cul, puis les gens disent ça…».

En 2002, Louis Valiquette et Marc-André Beaudet se joignent officiellement au groupe après la fin du groupe ska-punk Rollerstarter. C’est aussi cette année-là que le groupe part en tournée aux États-unis avec Fifth Hour Hero. Simon Poirier se souvient de quelques moments de cette tournée. «Nous nous envoyions des feux d’artifice par les fenêtres. La police m’a fait souffler dans un alcotest. On a même déjà été pris pour des bandits et les policiers avaient braqués leurs armes sur nous. À un moment donné la transmission a lâché, nous avons dû revenir sur le pouce. Moi et Hugo avions dormi sur un go-kart gonflé au bord de l’autoroute.»

Le groupe fait des tournées sans trop d’argent et laisse tomber leurs jobs auxquelles ils ne tiennent pas trop, de toute façon. «On revenait de tournée et on n’avait rien de plus que quand on était parti», indique Fred. Le groupe ne se remplit effectivement pas les poches sur la route en se faisant payer un montant dérisoire pour la majorité des spectacles et leurs tournées ne sont pas toujours exactement des parties de plaisir : «Quand tu fais une tournée à te faire payer 20$ par show t’as pas trop le choix de dormir dans la van, dans un rest area et de voler pour manger. C’est plate mais quand t’as faim, t’as faim», lance Beaudet.

Le 11 septembre 2002 le groupe débarque pour la première fois en Europe après avoir été invité par l’étiquette allemande Yo-Yo Records. «I-Farm était en tournée un mois avant et ils avaient joué un tape de Those Stars… dans la van.  Puis le gars m’a écrit pour me dire qu’il voulait sortir notre album et nous faire venir en Allemagne. J’étais comme «Ta yeule ostie!». Il nous booke des dates et tout. On a joué avec des gros groupes quand même genre Thrice, Ray Cappo, Strike Anywhere», raconte Hugo. Ceux qui connaissent Hugo Mudie savent qu’il est un grand fan du gardien de but Ron Hextall (Hugo a d’ailleurs déjà fait le camp d’entraînement Midget AAA en tant que goaler) et l’histoire veut que «la première fois que le gars de YOYO m’a écrit il m’a dit «Hi Ron!» parce que mon nom enregistré dans Hotmail c’était Ron Hextall», ajoute Hugo.

Le groupe découvre en Europe une scène complètement différente de ce qu’il connaissait en Amérique du Nord. «La première fois qu’on est allé en Europe on capotait. Tout est différent. Le set up est mieux. C’est comme si à l’Esco il y avait un deuxième étage avec un dortoir pour les bands et une cuisine. Ils sont mieux organisés», observe Beaudet.

L’Europe s’avère être un endroit intéressant pour les Sainte Catherines. Le groupe y est d’ailleurs allé deux fois dans la même année. «Si on avait continué à y aller tout le temps on se serait vraiment construit un gros public», affirme Hugo en repensant à cette période. Les membres du groupe ont, semble-t-il, déjà pensé assez sérieusement à déménager en Allemagne. «C’est après notre première tournée en Europe qu’on s’est dit «Crisse, notre band ça pourrait marcher». Si on est capable d’avoir une centaine de personnes à tous nos shows partout dans le monde, on est en business. À 100 personnes, tu te fais une paie entre 700 et 1000$. À 200 shows par années si tu ne dépenses pas comme un imbécile, c’est intéressant. Puis, dans ce temps là, ça ne nous dérangeait pas de faire 200-250 shows par année», raconte Beaudet.

À cette époque, quand le groupe n’est pas sur la route, Hugo passe beaucoup de temps avec Simon Poirier qui était le compositeur principal à l’époque. «Je jammais chaque jour avec Simon. On avait même comme idée de faire 2 albums. Un plus dans le genre de Those Stars… et un autre comme Machine…», affirme Hugo. Poirier quittera finalement le groupe après une tournée. «Il avait été malade tout le long, se souvient Fred Jacques. Y’avait comme pas mangé de la tournée. J’ai jamais vu un gars s’alimenter aussi mal que ça. C’est ça qui arrive quand tu fais une tournée et que tu te fais payer 3$, des fois. Quand le booker paie la salle, le PA qu’il a loué et d’autres trucs, ben…des fois, il nous restait trois piastres».

De son côté, Poirier confirme en ajoutant quelques détails: «Lors des derniers shows Hugo s’amusait à détruire les micros sur le stage et cela ne convenait pas à ma vision. Nos choix musicaux divergeaient quelque peu et je voulais consacrer plus de temps sur les compositions tandis que le groupe bookait des shows sans arrêt. De plus, nous ne faisions pas d’argent et ça devenait difficile à vivre entre les tournées. Je me souviens qu’une tranche de pain à la moutarde me faisait presque rêver. Quand je réécoute ces albums aujourd’hui je prends ça en riant…On a enregistré ça tellement vite. La musique m’accroche moins que les souvenirs que j’ai vécus qui eux, resteront gravés à jamais».

À un moment, à cette époque, un album du groupe se serait même retrouvé sur le bureau de nul autre que Mr. Brett, grand patron du label californien Epitaph, quelques temps après un spectacle au Rainbow. «On a joué un show Punk-O-Rama avec Bouncing Souls, Dwarves et Dropkick Murphys et un des gars d’un band nous avait demandé si on avait un label et notre album s’était rendu dans les mains de Mr.Brett. Mais finalement, rien n’est sorti de ça. On n’a finalement jamais été amis avec Mr. Brett, soutient Hugo. On a fait le party avec Fat Mike, à la place».

En 2002 le groupe joue aussi pour la première fois au fameux festival The Fest à Gainesville en Floride organisé par l’équipe de l’honorable label No Idea!. «On était jaloux parce que Fifth Hour Hero avait le billet d’avion payé pour se rendre en Floride parce qu’ils étaient sur No Idea!», se rappelle Fred. Le groupe y rencontre le légendaire groupe anglais Leatherface. Groupe avec lequel il jouera par la suite en Europe. «Le monde nous disait de faire attention parce que Frankie Stubbs avait un caractère de fou. Finalement, le gars nous aime trop et a été tellement cool avec nous», lance Louis Valiquette. Beaudet apporte quelque chose d’intéressant en notant que «une affaire qui est spéciale, c’est que le monde qui était supposé aimer personne nous aimait la plupart du temps. C’est quelque chose qu’on n’a jamais vraiment compris. Les vieux bands nous aiment aussi».

L’art de l’arrogance

Puis le groupe enregistre ce qui deviendra The Art Of Arrogance, leur troisième album, à Saint-Hyacinthe. Le groupe fait le trajet aller-retour pratiquement tous les jours pendant deux semaines. C’est le premier album sur lequel on retrouve Louis Valiquette et Marc-André Beaudet à la guitare.

L’album sort sur l’étiquette qu’Hugo avait lancée avec Éli Bissonnette, Dare To Care. Le titre rappelait d’ailleurs la première impression qu’Éli avait eu d’Hugo lors de leur rencontre initiale, quelques années plus tôt : «La première fois que j’ai rencontré Hugo, c’était à un show des Sarkastix et je l’ai trouvé vraiment arrogant. J’étais loin de me douter qu’il allait devenir mon meilleur ami, que son prochain groupe deviendrait mon groupe préféré, que j’allais fonder DTC avec lui et faire des tournées…».

Le groupe commençait alors à être assez connu à Montréal et le bouche à oreille permettait d’attirer l’attention de beaucoup de nouveaux fans. «Les meilleures chansons des Sainte Caths sont sur cet album, je trouve…même si ‘y vont dire le contraire!», affirme Will Nadeau qui était bassiste du groupe sur cet album. Le son est moyen mais les tunes sont là!». Éli ajoute que «c’est drôle, parce qu’au début de DTC, les Saint Caths n’étaient pas un « gros » groupe, même localement. Il y avait un petit cercle d’initiés qui les aimaient beaucoup et allaient à tous leurs shows. Plusieurs les détestaient pour leur arrogance et la plupart des gens ne les connaissaient tout simplement pas. Le vent a tourné avec The Art Of Arrogance. L’album était tellement bon et le titre tellement assumé que les gens n’ont pas eu le choix de le saluer et de se rallier. Je pense pouvoir dire en toute humilité que c’était une très belle époque pour le punk rock montréalais et que cet album fait partie du top 5 des meilleurs albums punk rock canadiens de tous les temps avec Less Talk More Rock de Propagandhi et une poignée d’autres classiques».

Écoutez The Art Of Arrogance :

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Par la suite, le groupe passe encore beaucoup de temps en tournées et fait des shows avec The Lawrence Arms et Against Me!. C’est en fait à cette époque qu’il est le plus actif côté spectacles. «Une fois, on a fait deux mois en Europe, puis on a fait le Canada et on a descendu la côte ouest des USA», se rappelle Hugo.

En 2004, Will Nadeau quitte le groupe après une tournée en Europe : «J’avais le goût de former une famille et avec le band, tout le temps en tournée, c’était infaisable.» Il sera remplacé par Pablo Boerr.

Le ranch

En 2004, Hugo, Fred et Louis commencent l’enregistrement  d’El Rancho qui sera le deuxième album de Yesterday’s Ring. Marc-André Beaudet enregistre l’album mais ne se joint pas au groupe. «Je voulais rien savoir de jouer dans un band acoustique où tout le monde parle pendant tes shows et tout le monde s’en calice. On jouait déjà tellement de shows et les gars me parlaient de jouer encore plus de shows avec Yesterd’ et j’étais comme «Êtes-vous malades?!?»».

L’album connaît un très grand succès. «El Rancho ça a comme mis Sainte Cath’ un peu sur la map à Montréal. Les gens se disaient: Ah ouin, c’est les gars des Sainte Catherines. Ils sont capable de jouer», avance Fred Jacques. Puis Hugo en rajoute: «Cet album-là a été vraiment remarqué par les gens plus vieux. La scène des… journalistes, si on peut dire. Les gens ont remarqué qu’on était capable de faire de quoi de hot. Mais c’est vrai pareil que les journalistes nous parlent encore souvent de cet album-là». Les choses vont en fait tellement bien pour Yesterday’s Ring que Fred avoue que «après El Rancho, on a pensé que Yesterd’ allait prendre le dessus sur les Sainte Caths».

Selon Hugo, «El Rancho c’est le meilleur album qu’on a jamais fait.» Une phrase qui devient tout à coup sujet de débat entre lui et Louis, Fred et Marc-André. «On a tapé ça juste en haut de l’Esco. C’est une ostie de belle époque ça pour vrai. On prenait un verre à l’Esco et on allait taper juste en haut, au studio de Beaudet».

Écoutez El Rancho :

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Puis vient le sujet d’un certain label californien fondé par Mike Burkett, chanteur de NOFX. «C’est assez flou l’histoire du pourquoi et du comment qui ont fait en sorte que Fat Mike s’est intéressé à nous, réfléchit Beaudet. Il paraît que ce sont les gars d’Against Me! Qui portaient nos t-shirts». Un intérêt qui allait éventuellement changer beaucoup de chose pour le futur du groupe…

La suite, la semaine prochaine!

Crédits photos : The Sainte Catherines

Un beau gros merci à The Sainte Catherines pour l’autorisation de la diffusion Web de Those Stars Are For You et The Machine Gets Under Way. Un autre grand merci à Éli Bissonnette et Dare To Care pour l’autorisation de la diffusion Web de The Art Of Arrogance et El Rancho.

saintecatherines.com

7 commentaires
  • JF
    18 avril 2012

    S’tu un penis entre le frigidaire pis le sofa sur le poster de Miles of Smiles?

  • Kristof G.
    18 avril 2012

    Moi, je dis que c’est un skateboard.

  • mathieu
    18 avril 2012

    Je veux la suite…pourquoi fat ….

  • Hugo Mudie
    19 avril 2012

    C’est un skateboard

  • Marc
    19 avril 2012

    Je veux savoir la suite !!! : )

  • Rodrigo Hernandez
    22 avril 2012

    Bravo

  • Bertrande
    31 mai 2012

    C’est qui le beau brumel tellement viril qui joue de la bass sur la deuxième photo, pis pourquoi vous en parlez pas?

Laisser un commentaire

iweb